" Asymétrie, simplicité, sublimité austère, naturel, subtile profondeur, détachement et sérénité sont les sept caractéristiques partagées par tous les arts traditionnels japonais. "
HISAMATSU - 1971
La taille japonaise ou création d'un niwaki est un art ancestral dont les fondements proviennent essentiellement du culte Shinto
"La Voie des dieux", qui a été entretenu et transmis à partir du 12ème siècle par les moines jardiniers bouddhistes zen, et dont le but primordial est l'obtention d'une impression de maturité
chez un sujet. A l'origine, les niwaki évoquent l'empreinte laissée sur la végétation par les éléments naturels (vent, neige, gel…) ou les animaux (bétail, insectes...). Il existe de grandes
pépinières au Japon, élevant et taillant ce type d’arbres, et qui se transmettent de génération en génération.
La taille japonaise s'adresse à toutes les variétés d’arbres et d’arbustes (sauf celles qui ont tendance à fabriquer une grande quantité
de rejets à la base), qu’elles soient à feuillage caduc ou persistant, et à tous les sujets, du plus petit élevé en pot à celui élevé en pleine terre.
Il existe de nombreux types de taille japonaise, compacte et organique karikomi, sous forme de gros buissons okarikomi ou
de petits buissons kokarikomi, compacte et sphérique tamamono ou en forme de grand dôme entoh kei, linéaire appelée communément "en plateaux" ou "en paliers",
en cascade...
Parmi tous ces types, la taille "en nuages", appellation très poétique, mais totalement occidentale, est
destinée à donner une végétation tabulaire - diverses mises en forme en dômes multiples, ayant pour but de reproduire des sites paysagers lointains. Le niwaki permet de représenter
collines et vallons de campagne, d'évoquer des nuages restés accrochés à la profondeur d'une forêt ou un arbre isolé à l'aplomb d'une falaise, ceci dans le jardin japonais où tous les
éléments servent à reproduire l'ensemble d'un paysage naturel dans un petit espace, afin d'en sublimer la beauté.
Cette pratique de la taille japonaise nécessite beaucoup
de patience et plusieurs années de travail pour commencer à obtenir des masses de végétation très étoffées.
Le niwaki peut être incliné, suivant différentes positions penchées pour éventuellement lui donner une impression d'ancienneté.
Pour les sujets ayant un port dressé, une branche latérale sur deux est supprimée, donnant ainsi à la ramure un aspect contrasté fait de touffes denses et d'espaces aérés, forme que les
conifères présentent à l'état naturel en Asie.
On veillera donc, dans la mesure du possible, à ce que tous les nuages soient dirigés vers l'extérieur. Le tronc peut être sinueux appelé kyokukanshitate, droit chokukanshitate,
séparé en deux parties jumelles sokanshitate, ou multiple takanshitate. Les nuages sont ensuite formés, puis émondés et taillés de façon régulière pour obtenir
des touffes de plus en plus denses.
Même si ces niwaki sont communément appelés "bonsaï de jardin" dans le jargon pépiniériste, ils diffèrent de la culture bonsaï,
par le fait que les racines ne sont pas travaillées
et restent intactes. Ainsi l'arbre n'est pas fragilisé et sa croissance n'est pas limitée, le volume "racinaire" étant toujours sensiblement proportionnel au volume foliaire, dans le monde végétal.
Elles sont éventuellement cernées environ tous les trois ans si l'arbre est en pleine terre, dans le but de pouvoir le déplacer plus facilement, voire de le mettre en pot pour ceux qui n'aurait pas
la chance de posséder un jardin.
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